Amours
  éparpillés

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Quand elle croise un visage
Qui éveille en secret 
Des désirs de partage,
Elle se met à rêver
Une vie bien plus sage ;
Son cœur alors désire,
Chantant comme oiseau-lyre,
Mais son corps désaccord
Referme sa corolle 
Sans prendre son envol.

Elle se fuit en courant
Pour encore se noyer 
Dans les démons passant
Sur les chaussées mouillées ;
Comme autant de mirages
Elle voudrait bien noyer
Dans ce grand jeu d'images
Son âme éparpillée …
Pouvoir tout effacer !

Elle joue avec la mort,
Mais si elle en crevait
Son âme en Never more
Ses démons chanterait,
Pour ne pas oublier
Qu'elle attendait du monde
Qu'il apprenne à l'aimer.


                               

      Comme démons sommeillant,
      Une pulsion en dedans
      La réveille certains soirs
      Quand, habillée d'espoir,
      Elle quête sur les trottoirs
      Cet autre qu'elle prendrait,
      Dont elle ferait son jouet,
      Qui la possèderait,
      Tuant la vacuité
      Dont elle est habitée.

      Dans son corps délirant,
      Etendu en pervers
      Sur des lits traversant
      Des plaisirs éphémères,
      Dans son corps jouissance
      Ouvert dans tous les sens,
      Elle fait, devant, derrière,
      S'ouvrir des cicatrices
      Qui la laisse bien amère. 

      Quand l'aube la ramène
      De ses rêves peu amènes,
      Elle ferme les paupières, 
      Laissant las son bas ventre,
      Tandis que, s'apaisant, 
      Tous ses démons se rentrent,
      Ravivant sa beauté
      Qu'elle pense juste froissée
      Comme son regard d'ébène
      Sous ses mèches rebelles.