Fin 
   d'Errance
Si tu savais
tous les instants "j'en ai assez",
l'envie profonde de s'arrêter
un beu matin, de tout poser ...

Si tu savais
l'enfant tout noir recroquevillé
qui ne sait plus à qui se fier
qui sait lui-même se flageller ...

Si tu savais
les mots qui manquent et les regrets
de ne jamais pouvoir hurler,
les sentiments éparpillés ...

Si tu savais
qu'il vit toujours et à jamais
au fond de moi bien encastré
cet enfant là tant décrié ...

Si tu savais
la honte qu'ils n'ont jamais bue
ces personnages bien imbus
de leur pouvoir, et tant et plus ...

Si ils savaient
le seul regard qui m'a sauvé
de mes démons, de leurs péchers,
du mal de moi si bien ancré ..

Alors ...
peut-être bien c'est de prier
que vous iriez vous dépêcher
histoire de vous faire pardonner
ce que vous fîtes en tant d'années 
de ces enfants pourtant bien nés
de vos entrailles de mères aimées!

Alors ...
peut-être bien comprendriez
que sur la terre-éternité
nos larmes devaient se retrouver
pour ce mal-monde pouvoir changer ...

Aussi
au risque d'encore vous déplaire,
une fois de plus mais pas de trop,
nous laisserons notre colère
vous dire, avec nos maux bien hauts,
que vous n'aurez de nos misères
ni paradis, ni même enfer...
... mais seulement nos mots en trop ! 






Si tu savais
l'envie du vide et de l'absence,
de la mort la grande espérance,
comme un départ sans importance...

Si tu savais
les haines contre moi retournées,
les agressions inachevées
comme pour mon corps mieux lacérer..
.

Si tu savais
mon mal entre peau et dedans,
ce mal affreux et lancinant
qui te substante tant et tant ...

Si tu savais
le bord des évanouissements
quand d'incontrôle les jambes te tremblent
tellement la crainte t'habite au ventre ...

Si tu savais
le sentiment d'absurdité
qui chaque soir vient visiter
tes rêveries empoisonnées ...

Si tu savais
la glue en toi qui colle ton Ame,
qui tout au fond te la placarde
jusqu'à ce qu'un jour elle désarme ...
Si tu savais
le chemin qu'il fallut gravir
avec ses rocs et ses épines,
ses trous béants et ses ravines...

Si tu savais
tous les soleils un jour éteints,
tous les espoirs restés vains,
tous les déserts, perdu sans fin...

Si tu savais
les flots de larmes retenues
les hontes jamais tout à fait bues,
et les pardons jamais venus...

Si tu savais
les tord-boyaux de la terreur
les gestes odieux et la vraie peur,
l'image de soi comme une horreur...

Si tu savais
les armes blanches de la violence,
et les carnages du grand silence,
et de mon corps la grande errance...

Si tu savais
jusqu'à quel point me fût donné
de ne jamais avoir été
autre chose qu'un enfant floué...