la petite fille pleure dans un corps étranger
Elle a si froid. Le monde familier a pris une dimension étrange.
Elastique, il s'étire, se retire, se rétrécit d'une manière grotesque.
Mais au fond d'elle elle sait quand même
comme un fanal sur un scandale,
la voix qui pourra dire,
la voie qui fera vivre...
Le parquet lisse, humide et brillant renvoie l'image d'une lune livide.
Et elle entend ! Toute cette jungle dont l'armoire entrouverte laisse échapper les cris
Cris aux abois; Qui? contre soi !
Ils reviendront les jours bénis
ou les seuls cris sont de beaux rires
qui s'entremêlent sous les étoiles
pour faire la nique aux maux sans fard
pour faire la nique aux grands connards.
Le noir l'enserre et couvre la pièce comme un tissu sur une cage
Mais la lumière viendra quand même, tous les tissus sont perméables
Le noir l'enserre, la boulverse, la trahit
Le noir tel un étau un beau jour s'ouvrira
Elle ne voit pas mais elle subit la main et puis le corps qui voudraient rassurer
Elle ne voit pas, pour le moins pas encore, le coeur qui s'en vient là comme un baume sur la plaie
La lune, pudique, s'est entourée d'une écharpe cotoneuse ...
Coton comme un brouillard ces jours s'est envolé
La lune qui la regarde de son corps est l'alliée